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Jacques TOURNEUR (1904 - 1977) Injustement méconnu, tant sa "Féline a caché le reste de sa production, Jacques TOURNEUR (fils de Maurice TOURNEUR) a réalisé dans les années 1940 et 1950 quelques joyaux du cinéma fantastique.

Il tourna cependant nombre d'excellents films d'aventures dont "La Flibustière des Antilles" (Anne of the Indies - 1951) et un génial film policier "Pendez-moi haut et court" ou "La griffe du passé" (Out of the Past - 1947 avec Robert MITCHUM).

C'est donc en 1942 sa "Féline" (Cat People) avec Simone SIMON, qui lui vaut ses titres de noblesse. S'inspirant de la malédiction du loup-garou, c'est ici une jeune femme qui subit les affres de son ascendance. Elle se transforme en une panthère noire qui, bien sur, s'en prend à celles qu'elle considère comme des concurrentes face à l'homme qu'elle convoite. La force du film est de suggérer. Ce que les effets spéciaux numérique ont fait oublier, TOURNEUR l'érige en maître : des ombres, beaucoup d'ombres, une ambiance musicale, et l'inquiétude grimpe en flèche. Tellement habilement réalisé que la version des années 1980 de Paul SCHRADER, avec la pourtant sympathique Nastassja KINSKI, n'apporte rien d'intéressant, sinon un effet un peu plus gore d'arrachage de bras et la nudité de Melle KINSKI.

"Vaudou" (I walked with a Zombie - 1943) fait partie de toute une série de films se passant dans les îles, et qui voient des sorciers pratiquer le vaudou. Ici, les ombres sont toujours belles, l'ambiance exotique à souhait, même si par manque de moyen, elle est un peu de pacotille. Cependant, TOURNEUR tire son épingle du jeu, presque aussi bien que Victor HALPERIN et son "White Zombie" (1932) avec Bela LUGOSI.

"L'Homme-Léopard" (The Leopard Man - 1943) prend le contrepied de "La Féline", mais ne parvient pas à convaincre aussi bien, le sujet n'étant finalement pas si... fantastique.

"Rendez-Vous avec la Peur" (Night of the Demon - 1957) :fichtre, ici, un doute : est-ce un papier ou un bijou, je n'sais plus. L'idée en a été reprise par Raimi, Sam dans son "Jusqu'en Enfer" Drag Me to Hell - 2009. On est de fait dans un épisode de la "Twilight Zone". Tout peut arriver, et surtout ce qu'on craint, jusqu'à l'apparition du diable lui-même. Excellent thriller fantastique qui pourrait en remontrer à toutes les grosses production hollywoodiennes depuis vingt ans ! D'autant plus que Tourneur avait misé sur le non-dit, ou plutôt sur le non-vu... L'apparition du démon, qui survient dès la première bobine, a été imposée par la production. Et c'est raté (Il s'agit d'une espèce de marionnette - un peu ridicule pour le spectateur du XXI° siècle !) Jacques Tourneur a souvent prétendu qu'il croyait véritablement à l'au-delà, à l'intervention de forces supérieures dans notre monde. C'est donc avec subtilité qu'il instaure dans son film un climat de peur et d'angoisse, basé sur l'attaque de forces sataniques vis-à-vis d'un héros de moins en moins incrédule. Celui-ci aura fort à faire face à un sorcier maître en magie blanche... et en magie noire.

Un seul conseil, donc, n'hésitez pas à découvrir les films de ce metteur en scène de talent, même si ils n'appartiennent pas tous aux genres qui nous intéressent plus particulièrement.

-- Vincent D. 27 mars 2010 à 20:59 (UTC)


Quelques mots supplémentaires sur La féline. Voici ce qu'en dit le Dictionnaire du cinéma de Jacques Lourcelles, dans la collection "Bouquins" aux éditions Robert Laffont :
"Avant tout, ne pas oublier qu'il s'agit là d'un film essentiel (...) dans l'histoire du genre fantastique, mais aussi et surtout dans l'évolution du cinéma tout entier. (...) Tout va se passer, au stade de l'écriture comme au stade de la réalisation, par la suggestion, par une progression savante de scènes exprimant la terreur et la violence sans qu'elles soient jamais représentées tout à fait sur l'écran. (...)
Plus les années passent, plus l'apport du film paraît incalculable. Avec lui, le fantastique - qui ne sera jamais plus pareil - découvre qu'il peut tirer son efficacité maximum de la litote, qu'il peut inventer de nouveaux moyens d'empoigner le spectateur en s'adressant à son imagination. La richesse du travail sur la lumière notamment contribuera à intérioriser le contenu du film dans les personnages et à provoquer une identification plus subtile et plus poussée du spectateur avec ces personnages. C'est là que se situe, avec pudeur, la révolution radicale de ce film. On peut la résummer d'un mot : c'est la révolution de l'intimisme. Ce que le cinéma va y gagner, c'est une plus grande proximité, une plus grande intimité (...) du spectateur avec les personnages, explorés dans le tréfonds de leurs peurs, de leurs angoisses, de leur inconscient. (...)
Pendant les années qui suivront, le courant du "film noir" renforcera cette évolution en mettant à son service (...) les acquis lointains de l'expressionnisme mariés à une découverte récente et souvent rudimentaire de la psychanalyse."

-- Chadiran

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